Holacratie : l’entreprise de demain ?

23 janvier 2020

Holacratie, entreprise libérée, sociocratie… les nouveaux modes de gouvernances veulent changer des organisations hiérarchiques archaïques. Mais comment cela fonctionne, et surtout est-ce que ça marche ?

Favoriser la liberté et l’autonomie des employés pour développer la performance de l’entreprise et la qualité de vie au travail : c’est la promesse de l’holacratie. Son mot d’ordre ? Déconstruire l’entreprise pyramidale et substituer aux rapports hiérarchiques des équipes auto-organisées.

Comment fonctionne une entreprise sans chefs ni managers ?

Sur la base d’équipes auto-organisées, ayant chacune leurs propres objectifs. Il y a bien une hiérarchie, mais une hiérarchie de sens. C’est-à-dire que l’organisation en elle-même a une raison d’être et a besoin d’un certain nombre de rôles pour fonctionner. Des rôles sont tenus soit par des individus, soit par des équipes. Chacun à sa propre mission. Et tous sont au service de la mission globale de la structure.

En résulte, une liberté plus grande laissée aux collaborateurs, qui disposent d’une réelle autonomie dans le périmètre de leur rôle. Pour se prémunir de de problèmes, voire éviter une potentielle anarchie, l’holacratie s’est dotée d’une constitution, qui définit un certain nombre de paramètres et règles relatifs à ce nouveau mode organisationnel.

L’intelligence individuelle au service de l’intelligence collective

L’holacratie doit permettre de palier a un certain nombre de difficultés auxquelles sont confrontées les entreprises d’aujourd’hui. Dans l’holacratie, on part du principe que ceux qui travaillent dans la structure et qui sont sur le terrain vont avoir des solutions. Ensuite, il y a un enjeu de rapidité, puisqu’on se rend compte que dans les organisations très hiérarchiques, le haut de la pyramide est souvent déconnecté du bas. Du coup, ces structures ont beaucoup de mal à s’adapter à la vitesse de transformation du monde actuel. Avec l’holacratie, comme les gens peuvent prendre des décisions autonomes, tout va beaucoup plus vite et l’organisation en devient plus agile et flexible.

En pratique, cette agilité nouvelle s’illustre notamment lors des réunions d’opérations et de gouvernance, points centraux du modèle.

La libération de l’entreprise

L’holacratie s’inscrit dans un mouvement plus général, qui fait le pari de l’autonomie et de la confiance accordées aux salariés. Celui des entreprises libérées, dont la forme d’organisation constitue un “moyen clé en main”, mais attention, les deux notions ne sont pas à confondre car recouvrant chacune leurs réalités. L’entreprise libérée a été popularisée en 2012 par l’ouvrage d’Isaac Getz et Brian M. Carney Liberté & Cie : Quand la liberté des salariés fait le succès des entreprises, une notion définie comme une “entreprise où la direction va essayer de créer les conditions qui vont permettre aux équipes de grandir et de se réaliser”, qui passe par l’abandon de l’organisation pyramidale au profit “d’espaces collaboratifs” et de “gouvernance partagée”. Avec, pour objectif, de participer à la transformation sociétale.

L’holacratie est une des solutions pour gagner en agilité, en créativité et en flexibilité. Elle n’est pas une fin mais un moyen pour rendre une entreprise libérée. Cette méthode permet aussi une adaptabilité rapide aux besoins changeants de l’entreprise et donne la possibilité aux employés de prendre des initiatives et de les appliquer.

Abandonner notre système archaïque, n’est pas une tâche facile surtout pour les grandes structures qui ont l’habitude de travailler dans un système très hiérarchisé. Ce changement prend plusieurs mois voire années.


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